Ined rencontre premier conjoint

Le déclin du bal dans l'ultime période affecte particulièrement les derniers convertis, employés, artisans et commerçants, qui se tournent désormais vers ce lieu moins ouvert qu'est la boîte de nuit. L'évolution que l'on vient de décrire se fonde sur l'observation des taux de rencontre dans les bals publics.

Mais comme les catégories concernées ont vu leurs effectifs varier de façon très inégale au cours du temps, la composition sociale des couples ainsi réunis s'en ressent. Victimes d'un déclin général, les agriculteurs ont beau trouver leur conjoint au bal dans une proportion bien plus forte qu'autrefois, leur poids dans le public du bal ne cesse de diminuer figure 4.

Les ouvriers, en revanche, maintiennent et leurs effectifs et leur attachement au bal. Figure 4. Rencontrer son futur conjoint dans un bal public est une pratique de plus en plus rurale et ouvrière on vérifiera plus loin qu'elle est bien le fait des ouvriers d'origine rurale.

Sociabilité publique, sociabilité privée. L'essor considérable des rencontres en lieu public dans les années soixante apporte au déclin des rencontres entre voisins une compensation plus stable que le bal. On pourrait soupçonner dans cette brusque solution de continuité un effet de rupture de série, le même type de rencontres étant imputé au voisinage dans la première enquête, au lieu public dans la seconde.

Une majorité de Français rencontrent leur premier conjoint chez des amis

Mais cet effet ne peut être que limité: L'évolution tout à fait parallèle des rencontres à l'occasion de sorties ou spectacles, identifiables pour leur part sans aucune ambiguïté, confirme s'il en était besoin le caractère objectif du phénomène"8'. On rencontre également son futur conjoint lors de visites ou de repas chez des amis ou des parents. Cette sociabilité privée peut sembler très proche des relations de voisinage, mais elle est plus urbaine que rurale, plus bourgeoise ou petite bourgeoise que populaire.

Sa contribution à la formation des couples n'a cessé de décliner jusque dans les années soixante, pour remonter ensuite. Entre-temps, sa signification a évolué. On a déjà évoqué le fait que jusque dans les années cinquante elle impliquait une fois sur deux le truchement bien intentionné d'une tierce personne. Depuis lors les intermédiaires n'ont pas disparu pour autant, mais leur mediation a perdu son caractère interventionniste. Les fêtes de famille, pour leur part, voient leur contribution à la formation des unions lentement décroître dans le même temps.

Mais on aurait tort de les tenir pour négligeables: On est surpris de constater à quel point sont stables dans leurs positions respectives les rencontres au travail et les rencontres sur le lieu d'études. Tout se passe comme si la recherche du conjoint n'était pas affectée par la généralisation de la scolarité sa prolongation jusqu'à l'âge de 16 ans est acquise à la fin des années cinquante et le recul de l'âge d'entrée dans la vie active.

Sensible au debut des années soixante, la progression des rencontres en milieu scolaire ou universitaire reste très modérée par la suite: L'âge à la première rencontre reste en moyenne trop tardif pour qu'il en soit autrement près de 22 ans pour les hommes, un peu moins de 19 pour les femmes.

Autour de cet article

Une évolution continue. La guerre n'a fait qu'entraver l'organisation formelle des rencontres vacances et bal et provoquer, selon le cas, un retour provisoire aux procédures éprouvées voisinage, rencontres chez des particuliers , ou le transfert vers des modes de contact moins. L'exode rural qui a accéléré le déclin de l'interconnaissance et le développement de l'exogamie après la guerre n'est pas en soi un phénomène nouveau.

Les formes de rencontre répandues aujourd'hui ont presque toutes émergé dans les années trente. Les rencontres par le biais des associations ou des activités de groupe, qui connaissent un essor certain dans la décennie précédant la guerre, continuent à se développer pendant l'Occupation, pour atteindre dans les années cinquante un niveau qui ne sera plus guère dépassé par la suite"9'. Pour les lieux de vacances, l'évolution est assez semblable: D'autres activités, qui n'ont pourtant cessé de se développer depuis la guerre, donnent lieu à moins de rencontres qu'on n'aurait pu le penser.

Ainsi en est-il de la pratique du sport: De même, les jeunes ont beau fréquenter en nombre les cinemas ou les concerts de rock, ils ne font pas pour autant de ces spectacles des lieux de rencontre actifs, faute sans doute d'y trouver des rituels d'approche aussi productifs que la danse en couple. Peut-on maintenant dresser un bilan global des soixante-dix années que couvrent les deux enquêtes de l'INLD? L'accroissement considerable de la diversité des lieux de rencontre est fortement lié au développement d'un secteur autonome des loisirs dans les trois dernières décennies.

Les formes de rencontre qui dominaient le paysage dans les années vingt donnaient plutôt l'image d'une quête appliquée et austère 20 ; intégrée désormais au temps libre des jeunes, la recherche de l'autre se teinte. Du regard vigilant de la famille et du voisinage, on est passé à l'intervention plus souple des groupes électifs de pairs 2I. Ainsi, les bals auxquels on assistait chaperonné par ses parents sont remplacés par des bals fréquentés en groupe l Chaque forme de rencontre a son décor et ses protagonistes.

Plusieurs questions, qui ne figuraient pas toutes dans la première enquête, vont nous permettre maintenant de les caractériser pour la période , à un niveau plus fin de la nomenclature. On se fondera d'abord sur des indicateurs élémentaires, tels que l'écart d'âge entre homme et femme, la chronologie ultérieure des rencontres, la localisation géographique. Mais la morphologie des cadres de rencontre inclut aussi le nombre des protagonistes, la distinction entre la foule et le petit groupe, leur caractère anonyme ou familier, ouvert ou fermé.

L'âge des rencontres et le calendrier des relations.

Etude Ined : où rencontre-t-on son premier son premier conjoint ?

Compte tenu de la structure de l'offre définie par l'institution, l'écart d'âge observé est loin d'être négligeable: Plus significatifs sont les univers où l'âge des protagonistes semble a priori indépendant des contraintes institutionnelles. On trouve à un pôle. Tableau 6. Le pôle opposé est occupé par le milieu de travail, qu'il soit commun ou non aux deux conjoints.

Rencontre du premier conjoint : comment la soirée entre amis a remplacé le bal

Là plus qu'ailleurs, les rencontres sont tardives, l'homme est plus âgé que la femme et il est fréquent que l'un ou l'autre ait été marié précédemment tableau 6. Les rencontres privées à l'exception des soirées dansantes , ainsi que les rencontres de voisinage ou de fêtes publiques impliquent également un important écart d'âge en faveur de l'homme. Mais c'est dans les contacts obtenus par le biais d'une agence ou de petites annonces qu'il est à son maximum et que l'âge moyen est le plus tardif; presque toujours, les conjoints ont déjà été mariés. Cette forme de rencontre est si atypique et concerne une fraction si réduite de la population qu'il n'est guère possible d'en extrapoler des modèles de comportement pour l'ensemble des couples.

La diversité des formes de rencontre annonce aussi une diversité dans la chronologie ultérieure des relations amoureuses tableau 5. Deux modèles se distinguent. Après une rencontre dans le cadre d'une boîte, d'une soirée entre amis, d'un lieu de vacances ou d'animation, d'un lieu de travail ou d'études supérieures, les fréquentations sont bientôt suivies de relations sexuelles et la majorité des couples ne tardent pas à cohabiter sans se marier; à l'inverse, les rencontres en des lieux plus traditionnels ou davantage contrôlés par l'entourage, tels que le bal, les fêtes publiques, les fêtes de famille ou le voisinage de longue date, les activités sportives ou associatives, les études primaires ou secondaires, inaugurent un parcours plus classique: Ce n'est pas que le lieu de rencontre détienne une vertu particulière, propre à déterminer le comportement sexuel ultérieur du couple; l'observation suggère seulement qu'il y a une cohérence entre le recours à un lieu le bal ou la boite, la communion solennelle ou la fête foraine, et ainsi de suite et l'adoption d'un certain type de conduite.

Ined - interview - John Wilmoth

Seule la prise en compte des caractéristiques sociales des intéressés permettra de rendre compte de cette cohérence l Géographie des rencontres. Ce processus, qui a déjà été décrit ailleurs de manière plus générale 24 , se précise quand on examine le fonctionnement des lieux de rencontre ruraux les plus typiques: Il importe d'ailleurs de ne pas surestimer l'homogénéité des comportements dans le monde rural. Les grandes régions t26 se distinguent par des pratiques spécifiques en matière de formation des couples.

Faiblesse de la danse publique et force de la famille: Il illustre bien à lui seul l'évolution actuelle du monde rural tout entier. Pour les citadins, deux grands modes de mise en relation sont à distinguer.

Il y a d'abord les rencontres qui s'effectuent entre individus. C'est le cas des interactions qui se produisent dans les lieux publics, mais également des rapprochements dans le cadre des études, même supérieures. A l'inverse, des liens se nouent entre personnes dont les résidences sont parfois fort éloignées. Comme on pouvait s'y attendre, les lieux de vacances favorisent ce type de rencontre, ainsi d'ailleurs que les boites de nuit.

Il est plus étonnant de constater que les diverses formes de sociabilité privée produisent aussi des rencontres qui, dans une proportion plutôt supéneure à la moyenne, associent des personnes éloignées dans l'espace. Mais les citadins sont une entité encore plus hétérogène que les campagnards Ainsi, les grandes villes, à l'exception toutefois de Paris, et les villes moyennes de la moitié nord voient plus fréquemment se.

Les habitants de l'agglomération pansienne ont des comportements caractéristiques qui les rapprochent parfois de certains citadins provinciaux: Les rencontres dans le cadre d'associations sont importantes à Paris, mais aussi dans les grandes villes de la moitité Nord. D'autres spécificités locales apparaissent. Ainsi, les grandes villes de l'Ouest, comme les campagnes de cette région, manifestent un penchant marqué pour les fêtes de famille.

Les villes moyennes du Sud-est, qui comprennent les villes du Midi, rejoignent les villes moyennes de l'Ouest dans une propension égale aux rencontres dans les lieux publics, c'est-à-dire dans les cafés, dans les commerces et aussi dans la rue. On note enfin, sans pouvoir l'expliquer pour l'instant, que les contacts établis lors de sorties et de spectacles sont toujours plus frequents dans les villes du Nord et de l'Est. Variations saisonnières. L'été d'abord: Tableau 8.

Figure S. La rentrée ensuite: De cette logique du renouvellement relèvent aussi les rencontres à l'occasion des fêtes d'anniversaire où Ton retrouve la pointe des naissances du mois de mai , des cérémonies familiales mariages de mai-juin ou des fêtes de fin d'année témoin la pointe du réveillon dans le profil des fêtes amicales , ainsi qu'une partie des rencontres de bal. Quant au printemps, loin d'être la saison des amours, c'est une période de creux.

Comme les vacances, le stage ouvre dans le déroulement ordinaire de l'existence une parenthèse propice aux rencontres; nombreux sont les récits qui attestent son importance matrimoniale. Mais sous ce mot se cachent les institutions les plus diverses: Ils ont. Regroupés dans un lieu aussi spécifique, les stagiaires ne peuvent que partager — et se savent partager — des caractéristiques communes qui peuvent être Page, le milieu professionnel, les convictions, le style de vie, mais aussi certains types de trajectoires ne serait-ce, par exemple, qu'un même retard de formation à combler.

On comprend que, malgré leur relative brièveté, les stages puissent renouveler l'entourage aussi efficacement que les vacances. De la foule solitaire à la foule appariée: Ensuite, la rencontre paraît plus aléatoire dans les espaces où s'observe une certaine affluence. Bals, discothèques, lieux publics relèvent de ce type, de même que le Heu de travail s'il s'agit d'un espace ouvert où travaillait l'un des futurs conjoints commerce, café, administration, rue Toutes ces scènes ont en commun de constituer provisoirement des paires à partir de la multitude.

D'où la référence si insistante au hasard: Le sens à donner à cette formule convenue appellerait bien des commentaires. Contentons-nous ici d'observer que le coup de foudre a partie liée avec la soumission aux lois du hasard et du grand nombre: Dans ce lien entre la foule et la foudre s'exprime le double sentiment que le choix se fait sans qu'on ait à le faire, et sans qu'un tiers vienne vous l'imposer. En témoigne la corrélation globalement negative qui relie les scènes de rencontre où s'affirment le hasard et la foudre, d'une part, et, de l'autre, celles où se profilent en coulisse les manipulations éventuelles des parents ou des amis tableau 9.

Bernot et Blancard voyaient une marque de soumission au destin dans le goût prononcé des jeunes ouvriers nouvillois pour les rencontres de hasard au sein de la foule. Mais le fait de s'en remettre au hasard n'est peut-être qu'une manière populaire d'affirmer son autonomie face aux interventions extérieures t30 , alors que d'autres milieux se procurent cette assurance en privilégiant les rencontres en petit comité.

Il faut toute la lucidité d'un Proust pour saisir que les rencontres au sein d'univers prétendument choisis ne font elles-mêmes qu'opérer un prélèvement arbitraire et contingent entre des personnes interchangeables: Il reste encore à voir au sein de quel univers social peut s'observer cette interchangeabilité. La question des rapports entre lieux de rencontre et milieux sociaux n'a été qu'effleurée jusqu'ici. On pressent, à plusieurs indices, que les propriétés morphologiques des lieux de rencontre, telles qu'on les a établies ici, ont de quoi attirer ou repousser, selon le cas, les diverses categories sociales.

L'article suivant sera consacré à l'examen direct de cette relation. Constitué par la méthode des quotas, l'échantillon comprend des individus des deux sexes, mariés pour la première fois ou non ou cohabitant au moins depuis deux mois, et de nationalité française, le conjoint pouvant être étranger. Ce dernier a également élaboré les quotas, établis de manière à surreprésenter les cohabitants. Voici le détail des quotas réalisés: Âge au 1" janvier des personnes interrogées: Âge moyen de l'échantillon: Répartition par sexe: État matrimonial: Catégories socio-professionnelles: Sans profession: Le questionnaire: Le questionnaire, dont la passation durait une heure en moyenne, compte quelque questions.

Outre les questions classiques destinées à situer précisément les deux conjoints dans l'espace géographique et social et à fixer la chronologie. Ont été abordés par ce biais les circonstances de la première rencontre, le rôle éventuel des groupes de sociabilité dans le processus de la rencontre, la façon dont le contact a été renoué, la nature des sorties en commun, la première rencontre avec les parents du futur conjoint, le jugement porté sur l'autre au moment de la rencontre et par la suite, son apparence physique et vestimentaire, l'idéal physique antérieur à la rencontre ou encore la perception des écarts de taille légitimes entre hommes et femmes.

Pour la plupart de ces thèmes, la question ouverte est associée à une batterie de questions fermées. C'est ainsi que la question ouverte sur les circonstances de la première rencontre introduit de nombreuses questions portant notamment sur la date et le heu précis de l'événement, le rôle attribué au hasard, l'existence de personnes connaissant déjà les deux intéressés avant leur rencontre.

Une question complémentaire a donc été posée: Instruits en ce sens, les enquêteurs ont mis un soin particulier à recueillir les réponses et à les noter précisément. Des milliers de reçus ont été ainsi rassembles, où l'on voit chaque narrateur évoquer une action, des lieux, des personnages, un état d'espnt, et ajouter le cas échéant ses commentaires. Les exemples cités dans l'annexe 4 donnent un aperçu de l'extrême richesse du maténel empirique.

Toute la difficulté était d'élaborer une nomenclature suffisamment détaillée pour pouvoir intégrer, tout en les distinguant, les multiples dimensions du récit. On ne pouvait se contenter de dresser un catalogue minutieux de ce. Par exemple, dans quelle mesure la première rencontre était-elle spontanée ou préparée?

S'était-elle opérée dans un heu public ou privé? Quel rôle y jouaient les institutions? Les deux familles se connaissaient-elles déjà avant que les intéressés ne fassent leur première rencontre? Y avait-il entre eux d'autres liens préalables? En définitive, chaque récit s'est vu appliquer trois grilles de lecture différentes, donnant lieu à trois codes distincts.

Le questionnement a porté sur le cadre de l'interaction, sur les acteurs éventuellement autres que les conjoints et leur rôle respectif dans la rencontre, enfin sur l'attitude du narrateur à l'égard de son propre récit ou de la question posée. Seul sera présenté ici le code du cadre de la rencontre. Celui-ci comprend modalités distinctes.

Choisir un thème

Ce nombre très élevé ne résulte pas d'un zèle excessif de taxinomiste. Il s'explique par le fait que le code est à géométrie variable et s'articule sur plusieurs niveaux, de manière à intégrer par construction le caractère multi-dimensionnel des réponses.

La nomenclature est donc suffisamment détaillée pour que l'on puisse la réagréger à volonté dans diverses directions selon les besoins de l'analyse. Soit l'exemple des lieux de danse. On ne peut coder de la même façon le bal de village, le bal d'un groupe scout et le bal d'une école d'ingénieurs; il s'agit respectivement d'un espace public spécialisé dans la danse, d'une fête organisée par l'association ou le groupe dont on est membre et d'une forme de sociabilité propre aux grandes écoles. Il reste que les trois rencontres ont bel et bien la danse en commun, et que cela aussi mérite d'être relevé.

C'est pourquoi, dans la nomenclature élaborée ici, la considération du thème transversal la danse n'exclut pas celle du cadre institutionnel. Tous ces éléments sont pris en compte au moment du codage, bien qu'on n'en retienne chaque fois qu'une partie lors de l'exploitation des données.

Ainsi, pour les besoins du tableau 2, un bal d'école d'ingénieurs est assimilé à une rencontre dans le cadre des études, au même titre qu'un contact pendant les cours ou qu'une relation nouée dans un cafe d'étudiants proche de la Faculté. L'accent n'est pas mis sur le lieu où s'effectue matériellement la rencontre, mais sur le contexte institutionnel de l'interaction ; le cadre des études excède nettement le heu d'études.

On verra au contraire cf. Une telle souplesse dans le maniement des nomenclatures ne pouvait guère être envisagée lors de la première enquête il y a vingt-cinq ans. Peu nombreux étaient alors ceux qui, en France, se risquaient à pratiquer l'enquête auprès des ménages: Mais s'ajoutaient à cela, et allant également dans le sens de l'économie, de sévères contraintes techniques: Dans le cas des circonstances de rencontre, il fallut donc opérer des regroupements lourds de conséquence.

De même, lieux d'études et lieux de travail furent confondus, alors que les rencontres correspondantes ne s'effectuent nullement au même âge deux ans et demi les sépare en moyenne et ne concernent pas les mêmes milieux surtout les classes supeneures d'un côté, plutôt les employes de l'autre. Il était d'autant plus difficile de revenir sur ces regroupements qu'ils avaient été décidés en amont du processus d'enquête, c'est-à-dire avant la passation des questionnaires sur le terrain.

Le code était donc fixé une fois pour toutes dans ses dix modalités d'origine. Fort heureusement, les moyens techniques dont bénéficie la nouvelle enquête permettent de lever ces contraintes: Cette rubrique n'a pas été reprise dans la nouvelle nomenclature, ce qui introduit un changement de taille dans la distribution des résultats.

Pourquoi cet abandon? Il ne s'agit nullement de dénier toute intervention du hasard dans la première rencontre du conjoint. Bien au contraire, il suffit de poser séparément la question aux intéressés pour verifier l'importance que revêt le hasard à leurs yeux. Loin d'être une modalité de rencontre exclusive des autres, le hasard peut s'immiscer dans toutes les formes de rencontre: Il n'est pas jusqu'aux rencontres entre personnes vouées à se côtoyer journellement: Et c'est encore le cas deux fois sur trois pour les entrevues préparées par des tiers.

Un exemple permet d'y voir plus clair. Il est visible dans ce cas que l'appréciation du caractère plus ou moins fortuit de la rencontre tient au maillon que l'on choisit de considérer dans la chaine des événements: Dans d'autres exemples, la relation amoureuse s'était développée à partir d'une relation ordinaire avec un dentiste, un coiffeur ou un client, et c'est cette dernière qui avait commencé fortuitement. A remonter la série des antécédents individuels, il est toujours possible d'identifier une condition décisive elle-même hautement improbable.

Ainsi, le fait de frequenter tel lieu de loisir ou tel commerce, de faire ses études à tel endroit, de résider dans tel quartier, dans telle ville, d'être né à tel moment Conditions aléatoires pour l'individu, mais que l'objectivation statistique pratiquée à grande échelle peut s'efforcer de mettre en rapport dans une certaine mesure avec les propriétés sociales des intéressés que l'on songe par exemple au choix du quartier opéré dans la génération précédente ou aux chances d'accès à l'Université.

Dans la rencontre du conjoint, le hasard est nulle part ou partout. On ne saurait l'isoler comme une catégorie particulière de rencontre qui serait exclusive des autres. Cette référence spontanée constitue en soi une information intéressante, qui mente d'être conservée dans une codification séparée, indépendante du code general des circonstances de rencontre comme on l'a fait dans la nouvelle enquête Mais cette solution n'est pas celle qui avait été retenue en Inversement, des récits où il apparaissait nommément furent codés sous d'autres rubriques, parce que des circonstances plus précises y étaient évoquées par exemple: Ajoutons à cela l'effet, particulièrement marqué dans le codage de , des procédures spontanées d'assimilation directement suggérées par les instructions de codage.

Il a été tenu le plus grand compte de cette premiere experience au moment d'élaborer les procédures de codification de la nouvelle enquête. Les deux autres codes sont relatifs aux acteurs de la rencontre mentionnés dans le récit et aux commentaires éventuels du narrateur. Les exemples sont rangés dans l'ordre croissant des numéros de code.

Pour chacun, on a mentionné successivement la rubrique et le numero du code correspondant, le texte complet du récit tel qu'il a été recueilli par l'enquêteur, les professions actuelles des conjoints l'auteur du récit étant placé en tête et l'importance de l'agglomération où résidait la personne interrogée à l'époque de la rencontre. J'étais assise, il est venu me demander à danser.

J'ai accepté, c'est lui qui dansait le mieux. Il est devenu mon cavalier. Ville moyenne. C'était la première fois qu'elle y venait, car je l'aurais remarquée avant. Commune rurale. J'étais comme videur, je me faisais de l'argent de poche pour les vacances. C'est sa soeur qui me l'a présentée. J'étais employé temporairement par la mairie pour vider les casse-pieds. Du coup, on est rentrés à 8 h du matin.

En boîte de nuit. Dans un fourgon de police, c'est assez original. Parce qu'il y avait eu un accident devant la boite de nuit où on dansait et nos deux voitures avaient été touchées. Grande ville. Le coup de foudre quoi! Petite ville. Mon futur mari était parrain et moi marraine. Une marche. Précise plus loin: Banlieue parisienne. On était déjà à la JAC. On s'est rencontrés à un bal, mais on appartenait déjà à un groupe de jeunes.


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Moi à titre d'élu et ma compagne au titre de défenseur de l'environnement. Banlieue de grande ville. Institutrice; instituteur. J'étais opéré du genou, en convalescence. Comme je lui avais dit que je m'ennuyais, il m'a proposé de voir un film au cinéma. PEGC histoire-géographie; statisticien fonctionnaire.

D'ailleurs, dans ce foyer, il y en a, des gens en concubinage! Au cinéma. A la sortie du cinéma, plutôt. Michel Bozon et Wilfried Rault, chercheurs à l'Institut national d'études démographiques INED ont exploité les données de l'enquête "Contexte de la sexualité en France", effectuée en auprès de plus de 12 personnes, pour répondre à cette question. Leurs résultats sont publiés sur le site de l'INED, jeudi 24 janvier.

Premier enseignement, la danse continue à stimuler les appariements dans l'espèce humaine: Ce sont les soirées privées entre amis qui les ont supplantées, ainsi que les rencontres en milieu scolaire. Les découvertes dans le cadre familial ou le voisinage ont diminué. Les sites de rencontre apparaissent marginaux.

Mais ces données concernent la première moitié des années , et devront donc être réactualisées. Les lieux de rencontre ont changé, les moeurs aussi. Le premier partenaire sexuel est, pour une large part, rencontré sur le lieu d'études, "résultat conjoint de la généralisation des études et de la baisse d'âge au premier rapport sexuel" , notent les auteurs. Mais tout dépend du niveau de diplôme et de la catégorie sociale. Plus l'on est diplômé, plus grandes seront les chances de recontrer le futur partenaire ou conjoint sur le lieu d'études.

Les bals et boîtes de nuit restent par exemple les lieux privilégiés de rencontre des enfants d'agriculteurs, et, dans une moindre mesure, d'ouvriers. Seules les soirées entre amis traversent toutes les catégories sociales. Bozon et Rault. Un autre enseignement de cette étude est que, puisque chaque milieu social privilégie certains lieux de rencontre, les conditions du maintien de l'homogamie, c'est-à-dire la tendance à vivre en couple avec une personne socialement proche, demeurent.